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Après-coup de la conférence de Laurent Dupont

Mais qu'est-ce qui fait courir Laurent Dupont ? Ceux d'entre vous qui étaient là ce samedi l'ont bien entendu : un insatiable désir de transmettre ce qu'il a appris de son analyse !

Entre les récentes Journées de l'ECF sur « L'Objet Regard » et la future Journée de l'Institut de l'Enfant, intitulée « Après l'enfance », Laurent Dupont, joyeux directeur de ces deux événements, temps forts de notre école, nous faisait l'honneur d'une visite à Lille.

Loin du bla-bla, qui, autrefois, fut son symptôme, c'est en tant qu'Analyste de l'Ecole qu'il vint nous parler de son analyse, et de la façon dont elle se termina, en l'articulant à la question de sa propre adolescence. Qu'est-ce que l'adolescence et quelle est la pertinence de l'articuler à un témoignage de passe ?

Si elle est une construction, un artifice signifiant, ainsi que Jacques-Alain Miller le dit, elle est aussi le moment de la recherche d'un discours et d'un mode d'emploi sur le monde. Elle est encore, et c'est ce que Laurent Dupont nous a appris, le temps où un sujet se fait un escabeau, pour se faire voir et se faire beau. Sur le sien, du temps de son adolescence, il y montait, jamais sans sa bande, pour crier le no future des punks, le secouant rageusement et dans tous les sens, le temps d'un pogo ou bien l'élançant hors des pistes, avide de glissades extrêmes et de regards, sur les pentes enneigées. Sur cet escabeau, il se hissait pour se construire un symptôme, se faire voir par la parole.

Laurent Dupont nous a ouvert un horizon, éthique. Si une analyse vous apprend qu'on peut être punk pour se faire beau (un comble!), il convient alors d'être attentif à tous ces escabeaux, même les plus bancals, des adolescents que nous recevons et de nous faire partenaire de ce qu'ils y conçoivent comme symptômes.

Aujourd'hui, de la place d'énonciation singulière de celui qui a mis un point final à son analyse, il peut, d'avoir su tenir cette langue en laisse, se faire entendre, tout autant qu'incarner cette position d'objet, pour un autre, qui vient parler. C'est ce qu'on appelle avoir trouvé son style !

Agathe Sultan, pour la commission Conférences

ENFANCE-Doucet 2

Que reste-t-il de l'enfance à la fin d'une analyse

 

 Très vite, dans une analyse, les souvenirs d'enfance prennent une place centrale. Ce qui fait dire à la vox populi que « tout se jouait avant 6 ans. » Certes. Mais de quel enjeu s'agit-il ?
Qu'est-ce qui dans l'enfance est si décisif au point que les tours et les détours de l'analyse seront autant d'occasions de mieux serrer ce qui dans cette enfance – un événement, un moment, pas nécessairement dramatique – a pu faire trauma ? Freud logera dans la face cachée de ce trauma, au sens de la psychanalyse donc, l'inconscient du sujet, nouant de fait trauma et inconscient pour toujours. Cela fait-il pour autant de ce nœud un point non dialectisable ?
Lacan reprendra cette question jusqu'au terme de son enseignement et à partir d'un néologisme : troumatisme, démontrant par là le caractère irreprésentable du choc, ou l'impossibilité, dans un premier temps, de mettre en mot cette mauvaise rencontre qu'est toujours un trauma. C'est donc avant tout la rencontre d'un trou, d'un indicible qui met en scène un être pétrifié, pas encore sujet de l'inconscient et qui fera, dans un second temps, du fait de le nommer, de le prendre dans une dialectique signifiante, une interprétation, avec son corollaire, un éloignement du réel. Malgré cela, ce réel court toujours dans la vie du sujet. Inéliminable, il diffuse et réapparaît à l'occasion.
Quel effet sur ce réel attendre alors de l'analyse sinon, dira Lacan, un savoir-y-faire-avec, dont chaque Analyste de l'École – A.E. – endosse la charge de nous livrer son témoignage.

C'est dire si nous attendons avec impatience la conférence de Caroline Doucet, samedi 15 octobre, psychanalyste de l'É.C.F., A.E. en exercice, qui se propose de nous éclairer sur ce qu'il reste de l'enfance à la fin de l'analyse.

Pour la commission Conférence de l'ACF-CAPA à Lille
Jean-François Reix

ConfLilleJaudelMars2016

Actualité de Freud et de Lacan

Conférences de l'ACF-CAPA / Cycle 2016

Actualité de Freud et de Lacan

Samedi 2 avril / 14 h 30 / Hopital Saint-Vincent de Paul - Lille