Un heureux événement, ou le réel du corps maternel

Soirée préparatoire aux Journées de l'ECF sur le thème Être Mère, au Cinéma l'Univers, Vendredi 24 Octobre, 20 h.

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La question qui travaille tout le film adapté du petit roman éponyme d'Eliette Abécassis1 pourrait se formuler ainsi : que devient l’amoureuse dans la mère ? Pointant comme la maternité n’est en rien l’accomplissement ultime de la féminité et comme l’instinct maternel n’est qu’« un mythe moderne »1, Barbara, l'héroïne, tente, non sans causticité, de s’y retrouver au beau milieu de la terminologie de la puériculture. Dans son couple, les places flottent et le désir est désorienté : elle se voit « détrônée »2 par sa fille dans le regard de son compagnon devenu père, et bientôt, l’enfant prend la place de l’amant, dans son cœur comme dans son lit. Constatant à quel point la crudité corporelle trash de la grossesse et de la maternité « ne participe pas de l’Eternel Féminin »3 au regard des parangons sociétaux, elle se demande comment être mère sans l’être toute, comment se séparer de son enfant alors même qu’elle le sent encore dans tout son corps.

Suite à cette expérience de l’extrême qui réinterroge les pourtours du corps et de la féminité, notre héroïne semble néanmoins dessiner un horizon. À sa question de ce que devient son fantasme de l’amour « sacré »4, « spirituel » 5, « ardent »6, dès lors ébranlé par la maternité qui englue, désacralise, ensanglante et salit, elle répond du côté d’une redistribution du désir : si la division entre être femme et être mère reste des plus active, l’amour n’est pas à enterrer – il « change de paradigme »7.

 

Pour la commission Rencontre Cinéma-Psychanalyse, Sophie Simon

 

1 Eliette Abécassis, Un heureux événement, Editions Albin Michel, Le Livre de Poche, 2005, p. 38.

2 Ibid., p. 57.

3 Ibid., p. 140.

4 Ibid., p. 66.

5 Ibid., p. 66

6 Ibid., p.92.

7 Ibid., p.92.