Plaquette 2017 Conversation St Quentin

Les conversations du mardi

 

 « Amour, affects, passions »

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MARDI 23 Mai 2017

 

Rosine LEFEBVRE, Metteur en scène

et

Rose-Andrée RATTIN, membre de l'ACF-CAPA

 

« L’affect n’est pas simplement le fait de quelques palpitations, de quelque accélération des battements cardiaques sous le coup de la surprise , bonne ou mauvaise. »* Jacques-Alain Miller

Au croisement de la littérature, l’art et la psychanalyse nous interrogerons lors des Conversations du mardi  la notion d’affect. Mais que sont véritablement l’affect et la passion ?

Notre siècle est celui de l'image, de la transparence, du corps pour jouir au delà du bon sens commun. Les avancées technologiques modifient le rapport des sujets aux objets et au langage. Le lien social se trouve remodelé. La rencontre est promue et promise par la science et par le marché : trouver le partenaire, se faire des amis, passe par la toile qui offre l’illusion qu’en un instant on peut être connecté avec un nombre illimité de personnes avec lesquelles discuter, communiquer, jouir. Mais ces expériences ne sont pas sans provoquer illusions et déceptions voire déchaîner des passions.

Les cliniciens, les travailleurs sociaux sont aux prises avec ces nouvelles manifestations. Réintroduire la parole au singulier devient un enjeu crucial au cœur d’une civilisation qui tend à abraser l’individualité et ne reconnaît plus les pouvoirs de la parole. Les nouveaux modes de dire, de faire ne sont pas sans faire surgir massivement les affects. Amour, haine, colère, tristesse, honte, ennui, angoisse apparaissent sous des formes symptomatiques diverses. Lacan dans son enseignement nous a transmis une indication précieuse en dépliant l’affect  « l’ affection de la langue sur le corps ». Ainsi les affects « sont du sujet »* et se réfèrent au plus intime de l’être parlant.

Les artistes puisent-ils dans l’affect la source de leur création ?

Les références littéraires sont nombreuses dans l’enseignement de Freud et Lacan. Trois artistes se sont enthousiasmés pour témoigner, au fil de ces soirées, de cette affection qui les oriente dans leur création: un violoncelliste, une metteur en scène, un écrivain-plasticien. 

 

* Jacques-Alain Miller, Conférence prononcée à Gand le 16 mai 1986 et publiée dans la La cause du désir. Revue de psychanalyse n° 93.

 

 

 

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Lecture clinique : impact de la parole

 

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La prochaine soirée du séminaire d'étude se tiendra à Saint-Quentin

Le mardi 20 septembre 2016, au CCAS, 60 rue de Guise.

 Avec la participation de :

Catherine Heule et Sophie Simon, intervenantes au Courtil

Argument:

Lecture clinique : impact de la parole

À la fin du XIXème siècle, la rencontre de Freud avec Charcot produit un renversement sur la façon de lire la clinique. Alors que dans l’hystérie, la médecine observe les phénomènes qui se produisent dans le visible, Freud porte toute son attention aux dires des patients et découvre un lien entre le symptôme et l’expérience d’un trauma. Le symptôme de conversion témoigne d’un impact de la parole sur le corps. La parole a aussi des effets qui peuvent réduire, voire lever, le symptôme.

Dans la cure analytique, un nœud de significations peut être dénoué par les mêmes voies que celles qui l’ont construit, les effets de l'équivoque par exemple.

L’expérience du clinicien dès lors se trouve éclairée d’une autre façon, y compris en dehors de la cure analytique. Dans les institutions du champ social, de la santé, ou de l’éducation; partout où la parole est convoquée par la pratique professionnelle.

Ce sont ces deux aspects que nous interrogerons cette année.

D’une part l’impact de la parole dans la cure, et d’autre part la portée, les effets de la parole dans les instituions : comment la parole s’ordonne dans un discours, ce qui s’entend, ce qui reste non dit, ce qui se lit entre les lignes, ce qui insiste, ce qui, comme on le dit couramment, fait symptôme dans une institution.

Nous verrons que la fonction de la parole s’étend bien au-delà de la communication. La vie quotidienne nous montre en de nombreuses occasions comment la parole est sans cesse lieu et objet de contradictions et de malentendus : lapsus, mot d’esprit, rêve aussi bien, sont les formations de l’inconscient produites par un sujet - un corps doué de parole. Mais dire ouvre aussi une voie méconnue du sujet. Ces trébuchements et ratages nous indiquent que dire n’est pas simple bavardage mais engage un autre espace, une scène où résonne de façon singulière un sujet pris dans le langage. Chiffrage et déchiffrage sont en cause, avec tout l’espace des non dits qui à l’occasion se donnent à voir aussi sur le corps.

Quels sont les modes de faire avec la parole et le corps  au XXI e siècle ? Comment lire l’impact de la parole sur le corps dans la clinique  aujourd’hui? Nous tenterons d’en saisir quelques fils à partir de la clinique, d’une pratique en institution, dans  la littérature, ou encore en interrogeant le savoir le l’artiste.

 

Le mardi 24 mai 2016

Les intervenants: 

 

Philippe Guedj, psychanalyste :

 

Finnegan's Wake de Joyce, une lecture comme "audissée" ?

 

Rose-Andrée Rattin, accueillante à la Petite Maison Ouverte :

 

"Yoko Ogawa, une écriture au scalpel."

 

Le mardi 22 mars 2016

Les intervenants: 

Pierre-Yves Gosset, psychanalyste

Patrice Destrez, psychanalyste

 

Le mardi 26 janvier 2016

 Les intervenants:

 Hélène Mention, psychanalyste,

 Claire Perret, psychologue clinicienne

 

 

 

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Virginie Leblanc et Thomas Roïc au Séminaire d'étude à Saint Quentin

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ECHOS

de la

"Soirée Spéciale vers les 45e Journées" 

FAIRE COUPLE. LIAISONS INCONSCIENTES

 Par Catherine Stef 

Formidable soirée et pari tenu par nos collègues lillois, de faire apparaître les "liaisons inconscientes" que peuvent susciter les artistes auprès de leur public et de leurs lecteurs, ainsi que celles qui les animent et qui sont peut-être, on est en droit de le supposer, à l'origine de leur démarche ou de telle ou telle de leurs œuvres. Emmanuel Carrère d'abord, et sa fascination féroce pour l'acte horrible qui vient ruiner tout espoir d'humanité, Sophie Calle ensuite, qui utilise la douleur et l'errance pour des compositions soigneusement mises en scène et orchestrées, chacun nouant à sa façon théâtre, littérature et photographie. Virginie Leblanc et Thomas Roïc nous ont fait sentir comment les deux artistes appuient leur travail sur ce qui leur vient de l'Autre, mais aussi du semblable, du passant attrapé comme au hasard, et cependant jamais quelconque, car toujours articulé à leur démon intime.

A l'instar de ce qui se joue sur cette "autre scène" où les rêves les actes manqués les lapsus le symptôme dévoilent quelques fragments de l'inquiétante étrangeté qu'est l'Inconscient dans le parcours d'une cure, parfois jusqu'à son ressort secret.

C'est avec précision et au travers de citations choisies que Virginie Leblanc nous emmène bien au-delà de l'analyse littéraire, le long des méandres du processus créateur de plus en plus autobiographique chez Emmanuel Carrère. Thomas Roïc nous présente Sophie Calle avec élégance, et avec le même souci d'exactitude que celui qui anime l'artiste. Il nous fait toucher l'humour et l'angoisse que produisent certaines de ses réalisations,  son œuvre, saisir ce qui dans sa démarche,  étrange et paradoxalement intrusive, insiste et fuit à la fois.