Après-coup "Folie généralisée ?"

Folie généralisée? : L'inflation des diagnostics
Après coup de la 1ère conférence du cycle 2024 ACF en CAPA à Amiens 27/03/2024 avec Sébastien Ponnou.


Par Catherine Stef :

Sébastien Ponnou est psychanalyste membre de l’ECF et de l’AMP, Professeur en sciences de l’éducation, d’abord à Rouen puis à Paris VIII.

Son objectif, c’est de soutenir la parole de l’enfant, et critiquer ce qui peut y faire obstacle, ni plus, ni moins, mais avec une grande rigueur : c’est la seule boussole qui vaille pour les travaux de recherche de Sébastien Ponnou, orienté par la psychanalyse, quoiqu’il arrive, quelle que soit l’inflation des troubles recencés par le DSM depuis 40 ans, quelles que soient les recommandations qui s’appuient sur des études, de fait faussées, qui finalement ne font pas loi, car leurs résultats sont inconsistants au regard de contre expertises sérieuses. Mais ce n’est pas la voie que choisit Sébastien Ponnou dans sa pratique.

Car c’est en tant que psychanalyste, que ce professeur en sciences de l’éducation, d’abord à Rouen puis à Paris VIII, s’enseigne lui-même et nous enseigne, et nous transmet un savoir issu de sa pratique. Venant lui-même du monde de l’éducation, il sait de quoi il parle. Sa méthode lui permet, tout en utilisant les semblants du discours du maître, d’être admis dans toutes les revues spécialisées, parmi notamment, les milliers d’articles produits depuis des années sur le TDAH. Mais au niveau du savoir son discours est celui de l’analyste : il y a un savoir à inventer au cas par cas.

Sa position est originale dans la mesure où il fait valoir l’inconsistance des résultats des études randomisées, sur le TDAH, sur la prescription de méthylphénidate, notamment, il fait valoir aussi la contradiction des pratiques au regard des préconisations. Il le fait sans dénoncer, sans choisir la voie du lanceur d’alerte par exemple. Mais en ouvrant celle d’une pratique centrée sur la parole de l’enfant et sur celle de ses parents, également préconisée par l’OMS comme ce qui relève du soin, mais qui se passe ailleurs : selon Sébastien Ponnou on peut ici loger le discours de la psychanalyse.

Car critiquer un discours ne sert qu’à le renforcer.

Il y a une nécessité logique de cocher les cases, de l’universel, du particulier, du singulier.

La politique de la psychanalyse, en tant que politique du symptôme, est de produire de la subversion, et non de la résistance.

En cela le recours à la Clinique ironique telle que Jacques-Alain Miller la promeut, est une voie praticable et une orientation.

La discussion permet de faire entendre que cette position, si elle est compatible avec la liberté du praticien dans sa pratique singulière, se heurte souvent dans les institutions à un cahier des charges et à des éléments de langage qui eux sont incompatibles.

Mais l’enseignement que nous en retirons est d’une grande richesse et l’option ironique est il faut bien le constater, d’un grand secours.

Après-coup "Folie généralisée ?"